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mercredi 20 avril 2016

Elle s'appelait Sarah

Chronique de Camille,
en lecture commune avec
Le Blog Livre d'Honorine


Elle s'appelait Sarah.

Titre : Elle s'appelait Sarah
Auteur : Tatiana de Rosnay
Titre original : Sarah's Key
Traduction : traduit de l'anglais par Agnès Michau
Date de parution : 2006 V.O/ 2007 pour la traduction française
Editeur : Le livre de poche
Nombre de pages : 402
Prix : 6,95€



Résumé :

Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l'étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit.
Paniquée, elle met son petit frère à l'abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d'Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie va changer à jamais. Elle s'appelait Sarah, c'est l'histoire de deux familles que lie un terrible secret, c'est aussi l'évocation d'une des pages les plus sombres de l'Occupation.


Citation :

"Vous savez, Miss Jarmond. Faire revivre le passé n'est pas chose facile. On a toujours des surprises désagréables. La vérité est plus terrible que l'ignorance."


Mon avis :

J'ai vu film il y a environ 1 an, et j'avais été très touchée par l'histoire de Sarah. J'ai appris qu'il y avait un livre et c'est donc une amie de ma mère qui me l'a prêté et j'ai mis environ 1 an également à le sortir de ma PAL. Quand Honorine m'a proposé une lecture commune, j'ai donc pu enfin sortir ce livre de ma PAL, et j'en suis très heureuse ; d'autant plus que c'était une bien chouette lecture commune !

L'histoire alterne entre 1942 et 2002
Nous faisons connaissance avec Sarah, une petite fille âgée de 10ans, et de confession juive. Emmenée avec ses parents lors de la Rafle du Vélodrome d'Hiver (d'où l'abréviation "Vel d'Hiv), elle veut à tout prix retrouver son petit frère qu'elle a caché dans le placard de son appartement.
Julia Jarmond est une journaliste de nationalité américaine qui vit en France avec son mari avec qui tout n'est plus comme avant, sa belle-famille, et sa fille qu'elle aime plus que tout. L'Amérique lui manque, et elle est très fatiguée. C'est alors qu'elle va devoir faire des recherches sur le Vel d'Hiv afin de publier un article dessus dans le journal pour lequel elle travaille, le jour de la commémoration de cet événement. 

Julia Jarmond est donc une américaine, maman, âgée de 45 ans. Au début je l'ai trouvée très naïve, très… pleurnicharde. C'est la première fois que je lis un livre dans la peau d'un personnage aussi âgée, et je ne m'attendais pas à tant de fragilité, je crois. 

J'en ai appris beaucoup sur la France à cette période de l'Histoire, pendant l'occupation. Je savais ce qu'était le Vel d'Hiv de nom, je savais à peu près ce qu'il s'était passé. Je savais aussi plus ou moins ce qu'était le régime de Vichy, mais j'ai vu une autre facette de la France peinte dans ce livre. 
Je ne savais pas que le Vel d'Hiv était à l'origine de la déportation d'environ 4000 enfants juifs qui ne sont jamais rentrés chez eux. 
Je ne savais pas que le vel d'Hiv avait détruit autant de familles, autant de gens.
Je ne savais pas que tant de personnes n'avaient pas réagi, n'avaient même pas cherché à comprendre. Et celles qui ont agi, alors elles méritent le plus grand des honneurs.
Oui, Je ne savais pas tout ça.
On décrit tellement la France et ses résistants (que l'on n'admira jamais assez), qu'on oublie que la France était officiellement collaboratrice. Je ne l'ai même pas appris cette année dans le programme de la Seconde guerre mondiale, et je ne connais que très peu de gens qui savent ce qu'est le régime de Vichy. 
"Je me souviens des policiers vous savez. Nos bons vieux policiers parisiens. Nos bons vieux et honnêtes gendarmes. Qui poussaient les enfants dans le bus. Qui hurlaient. Qui donnaient de la matraque." 

Sarah est une petite fille, une personne qui m'a vraiment touchée, toute sa haine et tout ce qu'elle pensait, son histoire m'ont vraiment marqués. J'étais horrifiée par ce qu'elle vivait. J'ai déjà très mal à canaliser mes émotions quand on me parle de génocide, et quand je lis ou voit quelque chose sur la Shoah, je suis transpercée de toutes parts. Mais cette enfant, de 10ans, à qui on doit expliquer.. qui comprend qu'elle ne verra plus ses parents, son chez-soi et qui aura la vie gâchée à tout jamais parce qu'elle a une religion (dont elle doit être fière), parce qu'elle porte une étoile… Je crois qu'il n'y a pas de mot, parce que le plus dur quand je pense à tous ces événements, c'est quand je me dit que ça a réellement existé
J'avais déjà été émue par l'histoire de Sarah dans le film, par les images que je voyais et qui me terrifiaient, mais lire ses pensées m'a déchiré le cœur. Voir tout ça, la Shoah, à travers les yeux d'une enfant obligée de grandir trop vite, qui perd son innocence trop tôt… c'est horrible.
"Sa mère lui avait dit qu'il fallait être fière de cette étoile. Fière d'être juive."

Revenons-en au livre en lui-même. Le roman était séparé en deux "parties", et je ne m'y attendais vraiment pas. La première partie finit si brusquement et l'auteur rejoint si magnifiquement bien les deux que l'on est obligé -oui, obligé- de dévorer la seconde partie. Pour comprendre pourquoi est-ce qu'il y a une seconde partie où Sarah disparaît. 
Je savais grâce au film pourquoi, ce qu'elle est devenu après tout ça. Je crois d'ailleurs que j'aurai vraiment pu pleurer si je n'avais pas vu l'adaptation avant, mais je pense que si j'ai pleuré dans le film, dans cette partie, c'est parce que c'était rendu plus émouvant. 

Si j'ai eu donc du mal avec Julia au début du livre où je me languissais de Sarah, et bien dans la deuxième partie j'ai commencé à l'apprécier de plus en plus. J'aimais la suivre et découvrir les éléments de son enquête. 

J'ai ressenti un vide lorsque j'ai fini le livre, aussi bien pour Sarah que pour Julia, qui nous montre que la vie n'est pas un conte de fée, de son côté à elle aussi. 
Mais surtout pour tous ces enfants, ces gens, ces familles qui ont été victimes de la Shoah.
"Zakhor, Al Tichkah. Souviens toi, n'oublies jamais." 

Alors voilà ce que je dirai à Tatiana de Rosnay, comme William le dit à Julia : "Merci de m'avoir tout raconté". 

Un roman émouvant qui fait en apprendre beaucoup sur le positionnement de la France lors de l'occupation allemande et au moment de la Shoah. Un témoignage qu'il ne faut pas oublier. 

jeudi 28 mai 2015

Le Secret de L'inventeur, tome 1.

Chronique de Camille.



Rébellion.





Auteur : Andréa Cremer
Année de parution : 2015
Langue originale du livre : Anglais (américain)
Titre original : The Inventor's Secret
Nombre de pages version poche : 407

Prix du livre grand format : 15€
Maison d'édition : Lumen
Genre : Fiction








"Ma chère, nous ne sommes que des acteurs dans le grand théâtre du monde".


Quatrième de Couverture :

MONSTRES D'ACIER, MAGIE VAUDOU ET COMBAT POUR LA LIBERTÉ : DÉCOUVREZ LA NOUVELLE SÉRIE STEAMPUNK D’ANDRÉA CREMER !  

Imaginez un monde où l'empire britannique aurait écrasé la rébellion qui a donné naissance aux Etats-Unis... 

Dans ce XIXe siècle alternatif, Charlotte, seize ns, vit loin de ses parents, descendants des révolutionnaires américains, qui continuent la lutte contre les sous-marins et les machines volantes de Britannia. Entourée d'autres enfants de la rébellion, elle habite dans un réseau de grottes souterraines non loin de la cité flottante de New-York, où les artisans de la Ruche et les ouvriers de la Grande Fonderie côtoient l'aristocratie des vainqueurs. Un matin, elle croise dans la fôret un garçon amnésique, poursuivi par les machines de l'Empire, et lui sauve la vie. 

Mais quand elle le ramène dans les catacombes auprès de ses compagnon de lutte, l'équilibre de son existe,ce est bouleversé : parmi ses camarades, tous ne sont pas ce qu'ils prétendent être, et l'existence de ce mystérieux garçon fait peser sur la rébellion une terrible menace... Des décharges de de métal de l'Empire, infestées de rats cuirassées, aux salons opulents de la noblesse, en passant par les méandres labyrinthiques de la Guilde des inventeurs, Charlotte est contrainte de quitter son refuge pour partir explorer le vaste monde !

Rébellion est le premier tome du Secret de l'Inventeur, la nouvelle trilogie steampunk d'Andréa Cremer, l'auteur du best-seller international Nightshade, plusieurs fois classée dans les listes des meilleures ventes du New-York Times. Montres d'acier, magie vaudou et automates maléfiques, elle a su tisser un univers d'une grande richesse où brille une héroïne née pour mener la lutte ! 

Avis : 

J'ai eu ce livre parce que, pour avouer, il ne me tentait pas tant que ça. La quatrième de couverture ne me tentait pas vraiment, mais je n'avais jamais rien lu ni vu de steampunk, et je me suis dit qu'un livre qui parlait des "USA" contre "L'Angleterre" était originale et une bonne idée ^^.  Alors, je me suis laisser tenter.. Mais  traîner dans ma PAL, encore et encore. Puis j'ai vu la chronique de Sandrine sur ce livre, et Le Secret de l'Inventeur a été un coup de cœur pour elle. Étant donné l'envie soudaine de lire ce roman que m'a procuré la lecture de cette chronique, je ne regrette absolument pas cette lecture, ni de mettre laissé tenter par curiosité :).



Nous sommes donc au XIXe siècle, dans un univers steampunk. Monstres d'acier, souterrains, voyances, statues "secrètes" ; la totale. Dans ce monde la vit Charlotte, 16 ans ; et son frère, le "chef" du souterrain dans lequel elle vit avec d'autres enfants de la Révolution ; leur but ? Aider leurs parents et nuire a Britannia, se préparer pour la suite. On apprend alors que tous ces enfants ont toujours vécu la, sans connaître leur parents, et que c'est seulement a partir de leurs 18 ans qu'ils peuvent partir rejoindre les leurs. 
Un jour, alors qu'elle est dehors, Charlotte rencontre un garçon, fin et pale, trop pâle, mais doté d'une force incroyable et d'une extrême gentillesse. Ce garçon ne sait pas qui il est, ni d'où il vient ; ni même ce qu'il fait ici. On sait seulement qu'il y a un rapport avec la Ruche. 
Pourtant, alors que les gens commencent a douter de cette personne, Charlotte va soudain retomber sur terre, en apprenant la véritable identité de quelques uns, et va devoir explorer le monde avec ses amis et ce mystérieux garçon pour trouver son identité, et va alors devoir remplir une importante mission...


L'aspect du Livre : Ce livre, je le trouve très joli. Bon j'avoue que c'est juste au niveau des couleurs, marron doré un peu cuivré devant et gris derrière que j'ai un tout petit problème ; mais pas si dérangeant puisque la couvertures correspond à la fois au livre et au thème steampunk. En tout cas, j'aime beaucoup le cœur représenté, qui nous transporte rien qu'à vu d’œil dans cet univers. 


Tout d'abord, la plume d'Andréa Cremer est à la fois, quelque part, simple et compliquée ; mais très agréable à lire et elle nous fait entrer dans l'histoire dès le début. Elle correspond au thème et à ce que Charlotte peut ressentir. Elle ne fait que nous rentrer encore plus dans le roman. 

Au début du livre, je lisais, et puis, à un moment, j'ai trouvé la lecture un tout petit peu lassante. Puis.. Rebondissement totalement inattendu, aussi bien pour nous que pour Charlotte ; et à partir d'ici, j'ai complètement dévoré ce roman. 
Cette lecture est remplie d'actions, et j'avoue que j'attendais avec impatiente chaque "futur mission journalière", si on peut appeler ça comme ça, de Charlotte. J'aimais savoir ce qu'elle faisait, ce qu'elle disait, comment était le monde qui l'entourait... C'était, passionnant. 

L'univers était décris et original, ce qui n'a fait qu'augmenter l'envie de tourner les pages du livre de plus en plus vite au fur et à mesure de la lecture. On arrivait à comprendre, à s'imaginer la ville, les décors.. 
Mais ce livre, est surtout riche en surprises et en rebondissement. Il y en a beaucoup, plus ou moins inattendus, mais tous relancent l'histoire d'une certaine façon à la rendre encore plus attachante. 

Les personnages sont tous recherchés et uniques. Bien que j'ai trouvé que les personnages des catacombes n'étaient pas très approfondis, il y a beaucoup de personnages à qui je me suis attachée. Notamment Ash et le mystérieux garçon ; mais j'ai beaucoup aimé Jack et son frère, et sa sœur aussi ; quand à l'infirmière des catacombes, si l'on peut l'appeler comme ça, je n'arrivais (personnellement) pas à la supporter. Elle n'a rien fait mais je ne l'aimais pas. C'est sûrement l'instinct.  

Charlotte, je l'ai adoré. Tout simplement. Elle est ambitieuse, attachante, elle a de la répartie et un petit côté rebelle. C'est l'image propre de la révolutionnaire, battante, intelligente, solitaire... L'image même d'une meneuse de troupe. Un personnage très bien choisi et créé.
Elle est réaliste, elle veut toujours en savoir plus et suit la logique avant tout, et elle est réservée sans trop l'être. Mais elle est aussi hésitante, avec un petit côté timide avec les personnes qu'elle ne connait pas.  

La fin est géniale, et surprenante. Vraiment. Aussi bien du côté sentimental que des responsabilité, Charlotte a du travail ; et j'ai hâte de découvrir comment elle va s'y prendre et je n'ai qu'à espérer qu'elle va bien s'en sortir dans le second tome que j'attend avec impatiente ! 

Au final un livre que j'ai vraiment beaucoup aimé, à l'univers passionnant et originale, avec une idée d'histoire très bien trouvée. Des personnages attachants et uniques, et enfin des surprises, des rebondissements, et une historie dont je n'ai pas pu me détacher ! 

Un livre que je conseille aux fans de steampunk, de fiction et à tous ceux qui sont tentés par ce livre ; parce que vous ne serez pas déçus !

Une excellente lecture.